L'instauration de la pension de retraite pour tous avec cotisation obligatoire fut indéniablement un progrès social. Encore faut-il que la rente permette de vivre décemment. Cela peut paraître logique : ceux qui cotisent le plus ont une pension plus élevée. Le principe de solidarité est absent. Je lis et j'entends parfois qu'un pensionné sur cinq touche moins de 1.000 euros par mois. Même si 80 % d'entre eux sont propriétaires de leur maison, la vie ne doit pas être jojo tous les jours. Comme le fait remarquer Philippe Defayt interviewé par "l'Avenir" : "La maison vieillit avec ses habitants : remplacement de la chaudière, de la toiture...". La pension complémentaire par versement individuel n'est que pour ceux qui avaient un salaire confortable. Pour les moins nantis qui seraient amenés à s'inscrire en maison de repos, il faut savoir que la moyenne mensuelle de séjour est de 1.250 euros. Les enfants (s'il y en a) doivent participer aux frais. Sinon le CPAS.
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Maintenir la caisse à flot.
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Il y a quelques années le monde politique déclarait qu'il fallait augmenter le fonds de pension. On en est là aujourd'hui. L'alimentation de ladite caisse pour salariés est assurée par les versements des actifs. Au moment de l'élaboration du nouveau système  on tablait sur une survie de huit ans. De plus, le taux de chômage n'était pas important. La longévité est en forte progression (qui s'en plaindra ?). Le taux de chômage très élevé prive la caisse d'apports importants. Beaucoup de travailleurs sont désireux de partir en retraite plus tôt. Par certaines mesures sous forme d'avantages divers on veut les inciter à prolonger leur carrière. Cela bloquera encore l'emploi des jeunes. On  tourne en rond...
Perspectives d'avenir.
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Avec le progrès de la durée de vie, il est paradoxal qu'on en arriverait à regretter ce cadeau du ciel pour des raisons financières. A nos stratèges politiques (qui n'auront pas, eux, ces problèmes) de trouver des solutions. L'argent existe, encore faut-il le répartir équitablement.
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Voici quelques projections.
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En 2060, une personne sur huit aura plus de 80 ans. Un  bébé sur deux sera un jour centenaire. Il se dit que l'espérance de vie augmente de trois mois par an et que, grâce aux progrès de la science, on pourra vivre jusque 115ans. (Je suis né trop tôt). Utopique peut-être, mais n'oublions pas Jeanne Calmant qui a vécu 122 ans, 5 mois et 14 jours. Il est vrai qu'elle était fortement abimée en fin de parcours. Les hygiénistes tempèrent quelque peu cet optimisme. Avec la malbouffe, assez bien de gens ne dépassent pas de beaucoup la cinquantaine. Les avis nécrologiques que je lis dans mon quotidien confirment cet avis.
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Quoi qu'il en soit, arrivé au crépuscule de ma vie, je me dis toujours :  carpe diem. Et vogue la galère...