Dinosaure 80

17 mai 2012

GUTENBERG ME VOILA

17 et 24 février 1946 : premières élections législatives et provinciales de l'après guerre. Ma vie professionnelle débuta le 25. J'y ai fait allusion sommairement il y a quelques mois. L'imprimerie se situait à 4 km de chez moi. Je ne possédais pas de vélo. Il y avait un vieux cadre au grenier mais le hic c'est que l'approvisionnement en pneus était difficile. Pendant trois mois j'ai fait le trajet à pied. 

Un hebdomadaire paysan était mis en page par l'associé. La composition des textes était effectuée à Lessines. Un motocycliste ramenait le plomb des articles (voir linotype) dans son side car. Les épouses officiaient à la presse, c'est à dire qu'elles "margeaient" les feuilles pour l'impression. Les journaux étaient pliés pendant la nuit par toute la famille. L'acheminement vers le bureau de poste situé à 1 km fut bientôt pour ma pomme. Premier essai : un sac hissé sur mes épaules. A mi-chemin, exténué, je le laisse tomber. Pour le recharger, dur, dur. Par la suite, j'empruntais la brouette d'un paysan voisin. Quelques mois après mon arrivée, les associés se séparèrent. Plus de metteur en page qualifié. Le journal fut imprimé à Lessines. Pour moi, bon débarras.

C'est ainsi que nous nous retrouvâmes deux gamins de quinze ans livrés à nous mêmes. Finalement, nous nous débrouillâmes comme des chefs. Entêtes de lettres, faire-parts de décès, cartes de visites, affiches : no probleem. Mon compagnon, beau-frère du patron, étant souvent malade je me trouvais parfois seul maître à bord pendant des semaines. Je réalisais la composition et effectuais l'impression au moyen d'une petite presse au format 4o. Je travaillais 10 heures par jour samedi compris. Un gros client, une mutualité, nous avait apporté des travaux à grand tirage. J'ai passé des journées entières debout à la presse. Le soir, j'avais les jambes lourdes... comme parfois maintenant.

L'associé avait installé sa propre imprimerie. Il avait "chipé" la plupart des clients. Conséquence : le travail diminua progressivement. Le 1er décembre 1947 je débutai à Bruxelles. Et là, surprise. J'appris que mon ex-patron ne m'avait jamais inscrit à la sécurité sociale. Donc, pas de mutuelle, une semaine de congé  (j'avais droit à deux) payée de la main à la main. Pour l'employeur pas de cotisation, tout bénéfice. Merci patron !

Une anecdote pour conclure. Le père de mon patron était colombophile. Quand il voulait sacrifier quelques pigeons, il les confiait à sa voisine. Cela me faisait marrer, dame un ancien garde champêtre ! Tout fier je dis : "Moi, je fais cela moi-même". Ce qui fit de moi un "sacrificateur" occasionnel de pigeons. Et en vue d'un plantureux repas de kermesse, je me suis rendu chez un marchand de volaille passer commande de quelques poules et lapins. Couper la tête des poules, j'avais l'habitude chez moi. Je n'avais jamais sacrifié de lapins. Bon, il fallait y passer. Et là, je n'ai pas aimé. Depuis lors, au cours de ma vie je l'ai fait des dizaines de fois. Avec chaque fois un petit pincement au coeur.    

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10 mai 2012

LA DICTEE DU BALFROID

 

Chaque année est organisé un concours de dictée pour les 6e primaire. C'est près de 20.000 élèves dans les écoles candidates qui ont pris part cette année aux qualifications. Après les demi-finales provinciales, 320 élèves ont participé à la finale. Voici les résultats des meilleurs.
N
                                     2 X 0 Fautes - 6 X 1 F - 8 X 2 F -  22 X 3 F - 19 X 4 F - 22 X 5 F
N
Ce qui signifie que 241 élèves sur 320 ont commis plus de 5 fautes. Madame Balfroid estime que plus de dictées devraient être données. C'est un avis que je partage. Et lire beaucoup est aussi un avantage. Voici le texte repris dans mon quotidien. 
N
                                                 Heureux anniversaire. 
   B
Cette année-ci, notre concours d'orthographe célèbre joyeusement son vingt-cinquième anniversaire. Qui aurait parié sur sa longévité ?
Des milliers d'écoliers concentrés, dans un auditoire silencieux, quelle que soit sa capacité, ont réfléchi assidûment (assidument) espérant décrocher des lauriers. Ce ne serait pas si aisé pourtant.
Les bons moments que nous avons passés, malgré la tension souvent palpable, nous ont payés de notre peine.
Les fautes que les correcteurs ont relevées n'ont rien ôté à l'enthousiasme ambiant.
Les difficultés syntaxiques  rencontrées par des élèves studieux et volontaires ont souvent été déjouées.
Dans le cas contraire, les explications données après la dictée ont aidé à progresser.
Des centaines de vos aînés (ainés) ont défilé devant  un jury attentif, impatient de distribuer tant de cadeaux mérités. Less résultats proclamés l'ont souvent émerveillé. Nous sommes fiers et heureux de fêter avec vous ce jubilé remarquable dans un lieu aussi accueillant.
Soyez donc tous remerciés, ceux d'hier et d'aujourd'hui, pour votre persévérance et vos encouragements si précieux.


Selon Madame Balfroid, les participes passés ont, dans l'ensemble, été correctement écrits. Il n'en est pas de même pour les mots usuels. Bien sûr il y a le dictionnaire. A condition de ne pas interpréter erronément leur orthographe. La RTBF ayant fait faux bond, je n'ai pas pu  me tester cette année. Mon plus mauvais score précédent a été de 3 fautes. L'année dernière zéro faute. Je rappelle que mes études n'ont pas dépassé le niveau primaire. Mais, soyons honnête, à 12 ans j'aurais certainement été moins performant. La preuve que lire beaucoup c'est du bonus.

 

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03 mai 2012

PROPOS IMPROMPTUS

mésangeIl est des faits qui, sous une apparence banale, peuvent avoir un effet inattendu. Que je vous conte cela. Depuis deux ou trois jours, je me disais : pas de billet de souvenirs cette semaine, la veine est épuisée. J'y pensais cet après-midi. J'escomptais annoncer une pause pour me ressourcer. Les yeux tournés vers la cour fermée je regardais en rêvassant une mésange accrochée à une boule de nourriture, spectacle habituel. Mon attention fut attirée par la présence sur la corniche d'un intrus. C'est qui cette bestiole ? Un moineau ? Ce n'est pas possible, depuis le temps que je n'en avais plus aperçus. Voilà un sujet en or me suis-je  dit. Parlons de la disparition des oiseaux. Vas-y mon kiki, c'est reparti pour un tour.
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Moineaux, grives, hirondelles, sansonnets... que sont-ils devenus ?
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Sans se reporter aux calendres grecques, il faut bien convenir que les colonies de certains oiseaux se sont fortement amenuisées. Le moineau est l'exemple le plus probant. Il y a quelque cinq ou six années, je devais recouvrir mes semis d'un treillis pour les protéger. Pour les autres oiseaux, je me reporterai plutôt à mon enfance. Au printemps c'était le retour des hirondelles qui édifiaient leur nid sur une planchette clouée aux murs des étables. Cet oiseau considérait donc l'homme comme un ami. Il n'en était pas de même pour le chat. J'ai assisté souvent , avec amusement, à une scène cocasse. Si minet se prélassait dans la cour, une hirondelle passait en le rasant jusqu'à ce que, excédé, il disparaisse. En automne, les hirondelles se rassemblaient sur les fils électriques. Elles occupaient un espace de pas moins de 100 mètres. Les sansonnets, très abondants, opéraient en mai/juin  une vraie razzia dans les cerisiers. Mon plaisir était de tirer à la carabine 22 long, mais je n'ai pas fait beaucoup de victimes. Je grimpais dans les pommiers d'un voisin pour dénicher les grives. Et dire qu'il y avait un taureau pas spécialement gentil dans la prairie. Les pies édifiaient leur nid à la cime des peupliers. Je grimpais à l'arbre  pour essayer de le détruire. Sale gamin ! Les corbeaux (ou corneilles) étaient l'ennemi du paysan. Au moment des semis d'automne, ils  s'abattaient en bande sur les champs. La parade cruelle, empoisonner les graines. Peu de bandes subsistent aujourd'hui. Les fermiers placent une bonbonne de gaz butane munie d'un détonateur qui émet une petite explosion les éloignant.
Mon oiseau préféré, l'alouette. C'est un oiseau de petite taille qui niche au sol dans les champs de céréales. Attiré par son chant, je me couchais  dans l'herbe et je le regardais s'élever à la verticale jusqu'à devenir quasi invisible et inaudible. Il redescendait, toujours chantant. A quelques mètres du sol il fermait les ailes et tombait comme un caillou. A l'heure actuelle, il est moins aisé d'observer les différentes variétés. Dans mon jardin, j'observe le merle qui cherche des vers dans ma pelouse ou, grand distrait, il déracine quelques petits oignons. Sans oublier les tourterelles qui, à quelques mètres de ma fenêtre roucoulent dès le lever du jour. Et leur "chant", faut-il le dire, n'a vraiment rien de mélodieux.    
  tourterellehttp://pdubois.free.fr/gallerie.php?MyGallery=10

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26 avril 2012

BLESSURES D'ENFANCE

Lettre ouverte à une amie lointaine.
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Je lisais dimanche sur ton blog des propos qui m'ont ému. Tu évoquais le problème des blessures de l'enfance. Je suis, disais-tu, une enfant posthume. La formulation m'a fait tiquer. Mais, finalement, qu'importe. Il ne fait pas de doute que, compte tenu de la mentalité de l'époque, le fait de ne pas avoir connu ton père a dû te poser des problèmes relationnels. Il me semble que tu as bien réussi ta vie et que tu as su faire de ce handicap une force.
Bien sûr, parler de ses problèmes cela peut soulager. Une blessure laisse toujours une cicatrice, alors attention à ne pas rouvrir  la plaie. C'est le message que je voulais te transmettre. En m'excusant d'avoir évoqué ton histoire.
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Histoire personnelle.
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Je ne voudrais pas que ce qui suit puisse être considéré comme un psychodrame autobiographique. Il n'empêche, certains faits de mon enfance me  laissent, quand je les évoque, une certaine amertume. La constatation d'une supériorité matérielle de ses compagnons de vie est quand même difficile à vivre. Les faits que je vais rapporter peuvent paraître banals. Quand on est jeune il est difficile de relativiser et cela laisse des traces.
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UN SAC DE BILLES.
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Périodiquement les enfants jouaient aux billes à la récréation. Un grand triangle était tracé dans lequel chacun plaçait sa mise. Bien souvent j'étais simple spectateur. Ma faible provision de billes en était la cause. J'avais trop peur de perdre le peu que je possédais. Et c'est ainsi que je pris l'habitude de me retirer dans ma bulle. Je restais en classe pour lire un bouquin. Parfois l'instit me faisait sortir : "Va jouer avec les autres".
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A BICYCLETTE.
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Je ne sais pourquoi, le vélo exerçait sur moi une véritable fascination. Plus qu'un jeu, c'était la griserie de la vitesse. Mais voilà, malgré mes supplications, le vélo ce n'était pas pour moi. Un camarade étant venu chez moi, j'empruntai son vélo. J'ai roulé avec un tel plaisir "à fond la caisse" que je me suis retrouvé au fossé. Bilan pour le vélo : "sinistre total". J'avais 12 ans à l'époque.
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HISTOIRE DE PANTOUFLES.
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Les pantoufles en feutre que je portais chez moi s'usaient vite pour cause de croissance. Un jour mpn père me dit : 
"Tiens voilà des pantoufles que j'ai trouvées le long du chemin". Usées, mais en meilleur état que les miennes. Ma voisine qui avait un oeil de lynx et une langue de vipère repère la chose. "Tiens, tu as de nouvelles pantoufles". Avec la naïveté de mes huit ans, je rapporte cela à mes parents. Leur réaction m'a fait comprendre qu'il y avait un truc pas normal. Un détail parmi d'autres qui fait prendre conscience de l'inégalité sociale. Ce qui a une certaine influence négative dans la formation du caractère.
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AU BOULOT A QUINZE ANS.
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Mes  études se sont arrêtées au stade primaire. Je suis alors "entré en typographie".  A l'époque, j'ai trouvé cela naturel. La maturité  aidant, j'en ai éprouvé du regret quelques années plus tard. D'autant que l'instit, qui en avait parlé à mon père, considérait que j'avais grandement le potentiel. Dit en toute modestie.
Les années ont passé, ma carrière (réussie) est derrière moi. Alors, autant en emporte le vent.  

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20 avril 2012

PRETRE A LA CAMPAGNE AU TEMPS JADIS

pretre-t13255Sans doute, le "métier" n'est-il plus aussi attractif  que par le passé. Les vocations sacerdotales sont rares depuis pas mal d'années. Mon propos n'est pas d'en analyser  la cause. Au temps de ma jeunesse, chaque commune disposait d'un prêtre. Plus un vicaire pour les paroisses plus importantes. L'activité religieuse y était importante. Chaque dimanche deux messes étaient célébrées. En sus, l'après-midi, il y avait des vêpres. Et chaque matin à 7 heures une messe était également célébrée à laquelle assistaient quelques vieilles dames. Un soir par semaine, des jeunes filles et des dames se réunissaient pour un "salut", prières, cantiques, etc... Actuellement, faute de "personnel", les prêtres officient pour plusieurs paroisses. Dans mon patelin, une messe toutes les deux semaines. En somme, à son corps défendant, le prêtre n'est pratiquement plus qu'un fonctionnaire. En plus de ses fonctions religieuses, le prêtre avait jadis d'autres activités : visite aux personnes malades, contact avec le corps enseignant, etc... Il était bien informé de la vie du village. 
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"Mon" curé à moi.
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Sous une apparence un peu austère, c'était un brave homme. La cinquantaine au temps de ma jeunesse. Il avait un accent flamand assez prononcé. Il vivait avec sa vieille mère : "mamatche" de qui les gamins se moquaient un peu. Le dimanche après l'office nous nous retrouvions dans une pièce de la cure. Des jeux de société étaient à notre disposition. Et ce qui me réjouissait, des albums de bande dessinée : "Tintin et Milou", "Bibi Fricotin", "Les pieds nickelés"... En bonne saison, nous jouions à la balle pelote sur la place. Pour inciter les gamins à assister aux offices et à communier, le curé distribuait des points. Une fois l'an, une réunion avait lieu pour la distribution de cadeaux divers. Payés de sa poche, bien sûr. 
Les "quiquines de poupousse", pardon, les gamines, ce n'était pas son rayon.
Durant deux années, le matin avant l'école, notre curé donnait des cours préparatoires à la communion solennelle. La médiocrité des réponses à ses questions devait générer souvent chez lui un taux d'adrénaline assez élevé. Au moment de la communion, il s'invitait dans les familles pour la dégustation d'un morceau de tarte. A cette occasion, il remettait un cadeau. Devinez :  un paquet de douze cigarettes de la marque "Belga". De quoi pouvoir jouer à l'homme. Bien sûr, je n'ai pas raté l'occasion.
Traditionnellement, en période d'hiver, les paysans se réunissaient en soirée chez l'un d'eux pour jouer aux cartes. Notre curé, "biqteu" (joueur) acharné, y participait fréquemment. A ce qu'on racontait, c'était un tricheur éhonté (un agon). A  la fin de la soirée, il distribuait ses gains mal acquis aux enfants de la maison.
Sacré Joseph. Il repose, avec sa mère, au pied de l'église. Je m'arrête parfois devant sa tombe.

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12 avril 2012

PROPOS DESABUSES

A lire ou écouter les médias, je me demande parfois  : "Où allons-nous ? ". La violence se manifeste dans tous les domaines. L'insécurité est partout. On en deviendrait paranoïaque. Voici une semaine, une violente collision entre une voiture et un bus bruxellois et c'est le drame. Les personnes blessées font appel, sans doute à bon escient, à un ami. Un superviseur de la STIB présent pour le constat conseille au chauffeur de se réfugier dans son véhicule. L'ami des victimes frappe le constateur. Celui-ci s'écroule. Transporté à l'hôpital il y décèdera.
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Agression de contrôleurs. 
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Décidément, la profession n'est pas une sinécure. Cette semaine, quatre faits d'agression se sont produits. Un comble, ce sont les resquilleurs qui se rebiffent et cognent. En quarante années de déplacement professionnel, je n'ai jamais connu cela. Des incidents mineurs parfois, par exemple "en griller une " en compartiment non fumeur. Il y avait une sorte de respect pour l'autorité : je suis fautif, je paie.
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Vandalisme.
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Peinturlurer les façades, c'est de l'histoire ancienne qui a d'ailleurs toujours cours. Fait mineur en comparaison de l'incendie d'une série de voitures en stationnement (fait récent). On parle cette semaine de l'incendie de toilettes de train à deux reprises. Egalement du bris de vitres d'une voiture avec une arme à plombs.
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Home- jacking, car- jacking, etc.
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Les vols dans les habitations se multiplient. On parle de bandes itinérantes notamment de Roumains. Avec des frontières passoire,ce n'est pas étonnant. Dans ma région, les pharmacies semblent être des cibles  de choix. Ce qui est le plus choquant, ce sont les vols avec violence. Sans nécessité, si je peux dire, certains individus semblent éprouver un plaisir sadique à faire souffrir leurs victimes. 
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Le droit de grève.
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Je ne parlerai pas ici des grèves sectorielles, chacun ayant le droit de défendre son bifteck. Après l'accident bruxellois, une grève générale a éclaté. Quatre à cinq jours durant. Je ne suis pas sûr, au moment où j'écris, que tout soit rentré dans l'ordre. Je trouve cette action excessive. Des discussions entre les responsables des deux parties ne seraient-elles pas suffisantes? 
Durant ma vie professionnelle, j'ai subi, comme tant d'autres, les inconvénients de grèves des transports. J'ai dû, notamment, loger pendant deux semaines  chez ma fille à Bruxelles. Les grèves ferroviaires étaient fréquentes durant les dernières années de mon activité professionnelle. Le positif de l'histoire, j'ai abandonné sans trop de regret, lors de ma prépension, un travail que j'aimais.
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En guise de conclusion : la construction de quatre prisons est envisagée. Pauvre société, où allons-nous ?

 

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04 avril 2012

JOYEUSES PAQUES

Dimanche 1er avril. Mon épouse est partie à la messe. Tiens, me dis-je, cela dure bien longtemps. Sans doute, le prêtre  est-il atteint de logorrhée "sermonique". Ah ! la voilà de retour, un brin de buis en main. "Bon sang, mais c'est bien sûr" (merci commissaire Bourrel) c'est le dimanche des Rameaux. La Semaine sainte qui suit évoque pour moi quelques souvenirs. Mais quelques précisions au préalable. 
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Enfant de choeur à huit ans.
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Comme il manquait un membre à son équipe d'enfants de choeur, le curé est passé chez moi pour me recruter. Me voilà tout jeunot avec cinq "grands". La messe à l'époque était célébrée en latin. Ma mère m'apprit à lire les réponses dans un livret prévu à cet effet. Heureusement, les phrases étaient courtes. Sauf ce sacré confiteor. Pourtant, finalement, je pouvais le réciter de mémoire. Sans y comprendre un mot. Il n'empêche, "faire" ses latines en même temps que ses primaires... On était payé chichement : 25 centimes par messe et autre office. Que voulez-vous, on n'était pas syndiqués... A tour de rôle, par équipe de deux, on assistait aux deux messes du dimanche plus les vêpres. Et  la messe en semaine à 7 heures du matin. Le dimanche avant les vêpres nous recevions notre "salaire". Ma mère vérifiait mon compte, pas question de dépenser un sou à l'achat, à l'épicerie jouxtant l'église, de la moindre friandise. L'argent était placé dans une boîte à cigares. Avec les étrennes en sus, cela faisait quand même un petit pactole après cinq ans : "les petits ruisseaux...".
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Panier au bras, crécelle en main.
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Durant la semaine avant Pâques toute l'équipe déambulait dans les rues du village. A chaque maison nous présentions du buis et quémandions "nos zieux d'cloques" (nos oeufs de "cloches"). 170 maisons, il fallait se le farcir. Et cela, en deux jours. On actionnait nos crécelles avec plaisir. Sauf  à l'approche des maisons de "faux absents" bien connus des anciens. On essayait de les surprendre. Pas toujours avec succès. Si certaines personnes nous donnaient des oeufs, heureusement ce n'était pas la majorité. Sinon nous nous serions retrouvés avec de quoi faire une omelette pour tout le village.
Nostalgie, nostalgie, tout cela est bien fini maintenant. Je peux vraiment dire : c'était le bon temps.
Je vous souhaite à tous de bonnes fêtes de Pâques.
Avec  beaucoup d'oeufs... en chocolat. A consommer avec modération. 

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29 mars 2012

SOUVENIRS DE GUERRE (fin)

Une chanson de troupe allemande eut, curieusement, beaucoup de succès dans les pays adversaires. Il s'agit de "Lily Marlene". Je l'ai redécouverte sur youtube. La mélodie est jolie et le texte n'a rien de guerrier. De cette chanson une parodie vit le jour durant l'occupation. D'autres textes subversifs lui firent suite. J'en ai mémorisé quatre et je ne saurais dire comment je les ai appris. Pour mon plaisir et j'espère le vôtre, je vous les présente.

Devant la caserne un soldat allemand   Ils sont foutus                           Voici l'beau temps
Qui montait la garde                           On ne les verra plus                   Finissons-en 
Pleurait  comme un enfant                   Les fridolins                              Hitler va tenter sa chance
Je lui demande pourquoi pleures-tu ?   Sont partis à Berlin                    Mais les flots bleus
Il me répond nous sommes foutus        Churchill s'en va                        Sont bien joyeux
Hitler se voit perdu                             Avec tous ses soldats                Ils chantent leur romance
Hitler se voit perdu                             Pour flanquer à Hitler                Viens mon p'tit fridolin
                                                         Un coup de pied dans l'derrière   Si tu veux prendre un bain
                                                                                                          Les poissons de la Manche
                                                                                                             apaiseront leur faim
                                                                                                          Les anglais te donneront
                                                                                                          Des leçons d'natation
                                                                                                          Ce sera plus facile au son 
                                                                                                             du canon
                                                                                                          Essayez donc d'embarquer
                                                                                                          En passant par Calais
                                                                                                          Le retour se fera plus vite
                                                                                                              que l'aller
                                                                                                          Maintenant que la victoire
                                                                                                              est proche
                                                                                                          Nous serons délivrés
                                                                                                              des sales boches
                                                                                                          Et que reviennent
                                                                                                              les beaux jours
                                                                                                          Si tu veux faire un tour
                                                                                                          Les flots t'engloutiront
                                                                                                              pour toujours
                                                                                                                                        
Notre père de Gaulle qui êtes au feu
Que ton nom soit glorifié
Que ta victoire arrive
Que ta volonté soit faite sur la terre comme dans les airs
Donne-leur aujourd'hui leur bain quotidien 
Ne nous laisse pas sous leur domination 
Mais délivre-nous des boches   
  Ainsi soit-il


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22 mars 2012

SOUVENIRS DE GUERRE (5)

RADIO CLANDESTINE
"Ici Londres, les Français parlent aux Français".   
"Honneur et patrie, voici le général de Gaulle". 
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Fin 1940 ou début 1941, je ne saurais dire, depuis Londres étaient diffusées des émissions de radio clandestines. Le but principal: communiquer les nouvelles du front de guerre. Les Allemands tentaient de brouiller les ondes, mais cela restait audible. Mon père, pour l'occasion, avait acheté un poste de radio. Pendant plus de trois ans nous avons écouté régulièrement. Au moment du débarquement en Normandie, nous suivions les progrès de la bataille sur une carte de France. Il y avait aussi des messages codés à destination de la Résistance. Voici une petite blague racontée sur les ondes. Un juif avait été arrêté, accusé d'avoir mangé la cervelle d'un Allemand à 19 h. 30. Le speaker concluait : il y a trois inexactitudes: 1) un juif ne mange pas de cochon. 2) un Allemand n'a pas de cervelle. 3) à 19 h. 30  on écoute la radio anglaise. 
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UN CHAMP D'AVIATION A CHIEVRES. 
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Dès le début de l'occupation fut érigé par les Allemands un champ d'aviation  à Chièvres. Il en existe encore des vestiges aujourd'hui. Une DCA fut installée. Des avions alliés sillonnaient le ciel pour des bombardements stratégiques en Belgique défiant le danger des canons. Nous regardions, fascinés, les obus  qui éclataient autour des appareils. Rentrant de l'école, j'ai vu un bombardier frappé de plein fouet. Dans un vrombissement étourdissant, l'appareil a commencé à tourner comme une toupie folle. Finalement, il explosa en plein ciel.
Quand les bombardements intensifs commencèrent sur l'Allemagne, c'est par centaines que les appareils empruntèrent ce couloir aérien. Le grondement était tel que nous les entendions arriver dix minutes avant de les voir apparaître. D'énormes super-forteresses, des  chasseurs en protection et quelques appareils de types divers. Vu les longues distances, un réservoir supplémentaire était adapté aux appareils. Vide, il était détaché et tombait, en principe,  dans les champs. Afin de brouiller les ondes de radio allemandes, les avions larguaient des rubans de papier auxquels adhérait une bande d'aluminium. Les gamins se précipitaient pour ramasser ces rubans.
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PAS MORTE LA BETE !
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La France et la Belgique libérées, la guerre n'était pas terminée pour autant. Des V1, avions sans pilote bourrés d'explosifs entrèrent en action. La ville de Londres  paya un lourd tribut La ville d'Anvers subit aussi  ces bombardements nouvelle version. Pendant une courte période, le soir, nous entendions le passage d'un de ces engins au bruit caractéristique genre moteur de mobylette. Une dizaine de minutes plus tard, nous ressentions l'onde de choc. Durant l'hiver 1944-45 un de ces appareils tomba dans une prairie de mon village à proximité de maisons. Heureusement, sans exploser. Les travailleurs obligatoires sabotaient des appareils, merci à eux. Un V2, missile à longue portée, est tombé dans un champ à 100 mètres des maisons. Sans autre dégât que des toits à moitié soufflés.

A PROPOS DE GUTT. 
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Dès 1940, les membres du gouvernement se sont réfugiés en Grande-Bretagne avec leur famille. De retour au pays à la libération, ils reprirent leurs fonctions. La planche à billets avait fonctionné pendant la guerre à un point tel qu'il y avait risque d'inflation. Le ministre des Finances, Camille Gutt, conçut un plan. Les différentes coupures perdirent leur validité. Contre de nouveaux billets les coupures furent échangées. Oui, mais, seulement 2.000 francs par membre du ménage étaient restitués. 40 % sur un compte bloqué, les 60 % restants constituant un prêt (?) d'assainissement. Curieusement, les billets de 20 francs conservèrent leur validité. Délit d'initié, certains profitèrent de l'aubaine. Les faits sont avérés. 

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15 mars 2012

SOUVENIRS DE GUERRE (4)

Avant la guerre, pour se chauffer et cuisiner, les gens de la campagne ne connaissaient que le charbon.  Une fois l'an, certains fermiers attelaient leurs chevaux et partaient s'approvisionner au charbonnage. Avec la guerre vinrent les problèmes. Je ne sais s'il y avait rationnement effectif mais, en tout cas, acheter même de petites quantités était duraille.  Je me souviens d'une poussière de houille mélangée  à je ne sais quoi. On lui donnait le nom bizarre de "schlamms". (voir le Larousse).
Il n'y avait plus de carburant pour les camions et les voitures. Ceux-ci roulaient au gazogène, c'est à dire par l'office d'une chaudière à combustible (charbon ou bois ?). Je me souviens avoir aperçu une voiture avec un bac sur le toit. La performance ne devait pas être optimale. Et, m'a-t-on dit, le démarrage laborieux. 
Pour en revenir au chauffage, ma famille avait un peu de chance.Nous disposions dans la propriété de quelques arbres de bonne taille. Des frênes, un bois assez dur d'un bon rendement calorifique. Mon père s'est mué en bûcheron. Au fur et à mesure des besoins, il a abattu trois arbres à la hâche. Pour en arriver au stade des morceaux pour le poêle, c'était un sacré boulot. Tout d'abord débiter l'arbre en tronçons de un mètre. A deux personnes, chacune à un bout d'une longue lame de scie. J'ignore son nom en français, nous on disait une "ercoupresse". Ensuite, avec une masse et des coins, fendre les tronçons en bûches. Débiter en morceaux, c'était mon job. Les bûches étaient enserrées dans un étau et sciées en morceaux au moyen d'une scie égoïne. J'y passais tous mes loisirs. Avec  plaisir d'ailleurs. Pour l'anecdote, cet étau m'a permis de démonter 600 cartouches de fusil ramassés en 1944.
Quelques mois après la libération , l'approvisionnement devint un peu plus facile. J'ai été, à plusieurs reprises, acheter 50 kilos que je transportais sur le vélo de ma soeur. Cinq kilomètres à pied pour le retour ! Sans problème, à 14 ans on a de bonnes jambes.

Posté par Dinosaure 80 à 19:49 - Commentaires [10] - Rétroliens [0]