En 1996 l'Europe décidait la libre circulation des travailleurs au sein  de l'Union. Ce qui apportait un bol d'air aux nouveaux arrivants à niveau de revenus plus faibles. Les cotisations sociales des travailleurs émigrés pouvaient être versées dans le pays d'origine. Mais une balise essentielle a été oubliée : le vieux slogan syndical : "à travail égal, salaire égal". D'importants employeurs n'ont pas manqué de s'engouffrer dans la brèche. Ainsi,  des transporteurs routiers belges. Les chauffeurs slovaques sont payés 2.000 euros bruts par mois soit environ 10 euros par heure. En France, des travailleurs polonais sont payés à demi-prix par Bouygues sur le chantier de la centrale de Flamanville. Ces ouvriers ont été recrutés par un circuit de détachement passant par Chypres et l'Irlande.
Mais des négriers des temps modernes "font mieux". Le Premier ministre Elio Di Rupo explique. Un entrepreneur belge s'est fait pincer. Il employait 60 travailleurs portugais au salaire mirobolant de 2,06 euros. Par contre, des porcs belges sont découpés en Allemagne par des ouvriers roumains et bulgares payés moins de 2 euros, avant de revenir chez nous. Et cela ne semble pas émouvoir les autorités. Comprenne qui pourra...
La France et la Belgique ont décidé d'agir unilatéralement pour mettre fin à cet abus qui permet le versement des cotisations sociales dans le pays d'origine.  Bonne chance !
Les disparités salariales entraînent des comportements irrationnels et peu écologiques. Depuis plusieurs années, les crevettes de la Mer du Nord font journellement par avion le trajet aller-retour Belgique-Maroc. Elles sont décortiquées manuellement par des femmes marocaines. 
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Vous avez dit low cost ?   
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Si le cas est quelque peu différent, il présente des similitudes. Le personnel belge de Ryanair est enregistré en Irlande. Ceci pour profiter de la législation sociale irlandaise beaucoup plus favorable. Les rapports entre travailleurs et employeur se font exclusivement en anglais. Alors, en cas de problèmes, vu l'esprit social de l'avionneur, bonjour les dégâts...