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Il existe en Belgique un organisme de contrôle de l'hygiène alimentaire : l'Afsca. Si son utilité est indéniable, son règlement est particulièrement drastique. Principe de précaution oblige sans doute, mais, me semble-t-il, un peu de souplesse et de réalisme seraient les bienvenus. Et agir a priori et non a posteori serait préférable. L'information par le dialogue est quand même plus productive que la sanction. En ce sens, l'action commando que je vais rapporter est particulièrement choquante et injustifiable.
Chaque année, depuis 40 ans, des habitants d'un quartier d'Ellezelles (à mi-chemin entre Flobecq et Renaix) participent bénévolement à la fabrication de tartes. Ceci à l'occasion du "sabbat des sorcières". La fabrication est réalisée dans une annexe d'une ferme disposant disposant d'un four en pierre du siècle passé. 
Le vendredi 28 juin, dès 8 heures du matin, des agents de l'Afsca ont surgi pour un contrôle. Munis d'un pro justitia, ils ont déclaré les produits impropres à la consommation et interdit la continuation de la fabrication. 127 tartes fabriquées la veille ont été détruites et aspergées de détergent. Voir tout ce travail détruit ça fait mal. "J'ai vu des hommes de soixante ans pleurer" devait relater l'un d'eux. L'Afsca voudrait, d'autre part, que soient réalisés le blanchissement des murs et du plafond. Plus un recouvrement en gyproc du pavement. Irréaliste pour une utilisation deux fois par an.
La Fédération de groupements d'éleveurs et d'agriculteurs, la FUGEA, s'insurge : comment peut-on déclarer "nuisibles" des pâtisseries élaborées à partir de produits naturels ? Et ceci, alors que l'on tolère l'adjonction d'additifs et de colorants dans la fabrication industrielle. 
La responsable de l'Afsca se justifie : "Peu importe la qualité des produits. Nous voulons éviter une intoxication alimentaire collective". Que je sache, il n'a jamais été rapporté de cas d'empoisonnement depuis quarante ans. Si on peut comprendre la justification du respect de règles, il n'en reste pas moins vrai que la façon brutale d'agir n'a pas de justification. Et les nombreuses réactions indignées sur les réseaux sociaux en témoignent. Il est pour le moins étrange que ces contrôles ont été effectués en cours de confection et non avant. Il s'agit, pensent certains, d'une dénonciation. Quoi qu'il en soit, la FUGEA se positionne contre les aberrations de l'Afsca et en dénonce les "pratiques militaires". Au nom des paysans de l'Aulnoit touchés par ces pratiques, elle exige des explications formelles. Ils veulent connaître les raisons de ces agissements violents.
Affaire à suivre... 

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