Typographe de profession, j'ai exercé pendant de nombreuses années comme metteur en page de quotidiens. En vue de comprendre le processus de fabrication d'un journal à l'époque, quelques explications sont nécessaires. La composition était assurée par l'assemblage de matrices. Du plomb en fusion était injecté au travers d'un moule, on obtenait alors une ligne-bloc. Une épreuve était soumise au correcteur. Chaque ligne comportant une faute devait être retapée pour être remplacée. Après la mise en page, une épreuve était réalisée pour une ultime revision des lignes fautives. C'est ici qu'intervient un hiatus dont je vais vous parler. La confection d'un hebdomadaire était réalisée dans le même secteur de travail que le quotidien et se terminait le vendredi. L'éditorial d'une page régionale se terminait comme ceci :"Qu'en pensent les camarades socialistes?". Un linotypiste facétieux avait ajouté "merde" cinq fois en deux lignes. Signalées par le correcteur, ces lignes devaient être jetées mais subsistèrent à  la mise en page. Le correcteur l'indique à nouveau et en rigole avec les journalistes présents au marbre. Fin de l'histoire ? Que nenni. A ma prise de service, le dimanche, je vais au bureau de la rédaction. Je vois la tronche des trois rédacteurs présents. "Tu sais, me dit-on, que la blague est passée ".
Inutile de préciser que la fédération de Charleroi n'a pas apprécié.
                                              xoxox
Une mésaventure du même ordre, mais involontaire, est arrivée à l'hebdomadaire flamand de rode vaan. Le piège est que "doet iets" veut dire "fait quelque chose" et doet niets "ne fait  rien". Traduite la phrase disait "Le parti communiste fait quelque chose pour la classe ouvrière". Une faute dans la ligne et le linotypiste tape doet niets. Ce qui donne bien sûr "Le parti communiste ne fait rien pour la classe ouvrière". Le problème, c'est que le correcteur  n'a rien détecté. L'éditorialiste  a été "content".
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UN PEU D'HUMOUR.
Ceci se passe en Ecosse. Un journaliste se promène dans les rues d'un village. Il voit un vieillard assis au bord de la route et qui pleure à chaudes larmes.
-Que se passe-t-il,? s'enquiert le journaliste.
- Mon père m'a puni parce que j'ai répondu de travers à mon grand-père.
- Quel âge avez-vous?.
- 85ans.
"Ce n'est pas possible", se dit le journaliste. Il rencontre le pasteur et le questionne sur la véracité de la chose. "Si si, répond le révérend, c'est  d'ailleurs moi qui ai baptisé le grand-père".